Ailleurs, un joor, ensemble...

"Souvent le premier janvier on exprime ses voeux mais moi j'ai tant à exprimer qu'il m'a fallu un peu de temps. lol
J'aimerais fermer mes yeux un instant et repeindre le monde...
Je voudrais que le bonheur nous inonde...Que nos rires fassent trembler le monde... que nos sourires reflètent le soleil... qu'enfin la vie se réveille...
Je voudrais renaître dans un nouveau monde...Un monde dans lequel auraient été abolies la violence et la méchanceté. Un monde qui n'existera qu'en rêve.
Alors je rouvre mes petits yeux remplis d'étoiles de ce rêve qui bouillone dans ma tête et je les pose sur un monde mausade et gris.
Le monde en 2008 sera sûrement le même qu'en 2007 mais en janvier on peut toujours rêver.
Alors je rêve en continuant à me battre pour notre monde, pour qu'enfin il ne soit plus immonde."

Ecrit par Celina et tiré de son blog p-e-a-c-e
Ailleurs, un joor, ensemble...

# Posté le samedi 06 octobre 2007 06:23

Modifié le mardi 01 janvier 2008 17:03

"La vie avant la vie" Helen Wambach

"La vie avant la vie" Helen Wambach
CHOISIR DE RENAÎTRE


Nous sommes tous d'accord, je pense, sur le fait que la vie est parfois difficile et douloureuse. Pourtant, nous nous y accrochons et nous redoutons la mort. La médecine moderne se consacre à la préservation de cette vie, valeur si sacrée de notre culture séculaire. On mesure l'étendue d'une catastrophe au nombre des morts et non à la souffrance des survivants. La peur de la mort est profondément ancrée en beaucoup d'entre nous et se trouve au centre de nos phobies. Certains disent que la peur de la mort est à l'origine de toutes les religions du monde et que c'est en cherchant à nous en débarrasser que nous inventons le ciel, l'enfer ou la réincarnation.
Mais est-ce vraiment la mort elle-même que nous craignons ou la souffrance physique ou morale qui la précède ?
"Il est parti très vite, une crise cardiaque dans son sommeil. Heureusement, il n'a pas souffert."
Nous y avons tous pensé à l'annonce de la mort soudaine d'un ami.
La peur de la mort est-elle la peur de l'inconnu ? Est-ce la même angoisse que celle qui nous prend lors de chaque expérience nouvelle ? L'Hamlet de Shakespeare le ressentait ainsi : "Dormir, peut-être rêver. Mais dans le sommeil de la mort, que peut-on rêver ?"
Mon expérience, sous hypnose, de la naissance et de la pré-naissance faisait suite à l'expérience sous hypnose de trois morts après trois vies antérieures. Tous les sujets pouvaient refuser cette option. Pourtant, seuls 10 % d'entre eux décidèrent d'éviter de revoir leurs morts.
Il n'est pas de commune mesure entre "fantasmer" ou "se souvenir" de morts passées et en vivre véritablement une. Je n'avais jamais posé comme a priori dans mes préparations à l'hypnose que le "souvenir de la vie passée" avait un quelconque effet thérapeutique. Pourtant, beaucoup de sujets m'ont confié avoir ainsi perdu leur angoisse de la mort.
"Il me semblait que j'inventais ces vies passées. Rien n'avait l'air d'être réel. Mais quelques jours plus tard, je me suis rendu compte qu'une chose importante m'était arrivée", me dit Françoise. Nous nous étions rencontrées chez des amis communs, environ un mois après les expériences. "Auparavant, j'étais terrorisée par l'anesthésie, même pour m'arracher une dent. Je luttais pour ne pas être inconsciente. Je pensais que ça ressemblait à la mort et j'avais peur. Mais depuis que j'ai "vu" ma mort dans une vie précédente, je n'ai plus peur."
Je sus ainsi que 90 % des sujets avaient vécu la mort comme une chose plaisante. Et aucun n'avait perdu son entrain à vivre. Je pensais donc qu'ils vivaient le retour à la vie dans un autre corps comme une expérience agréable ; je me trompais :
Des 750 sujets racontant leur expérience de la naissance, 81 % affirmaient avoir choisi de naître, ce choix étant vraiment le leur. Mais je me suis rendu compte que j'avais peut-être posé une mauvaise question. Une majorité d'entre eux avait donc choisi de naître, mais beaucoup l'avaient fait à contrecoeur, sur les instances d'un guide. Ils me racontèrent que, bien qu'ayant le droit de refuser, ils se sentaient obligés de naître, par devoir. C'était un peu comme choisir de faire son service militaire : on ne le fait pas spontanément, mais on s'y résout parce que c'est obligatoire. Les impressions varient beaucoup selon les sujets, même parmi ceux qui ont choisi de naître.
Seuls 26 % d'entre eux étaient heureux de revivre et avaient soigneusement préparé cette arrivée.


_ Je sais que ma mère se sentait seule et qu'elle était heureuse de me porter en elle.

_ Oui, j'ai choisi de naître. Quelqu'un m'a aidé à faire ce choix ; et c'était une voix en qui j'avais toute confiance.

_ Les deux morts qui ont mis fin à mes vies passées étaient des expériences très agréables. La tragédie, c'est de naître.

Telles sont quelques-unes des réponses que la célèbre psychologue américaine (Helen Wambach) a réunies dans ce livre, né d'une expérience menée sur 750 volontaires qui acceptèrent de se soumettre à ses questions - sous hypnose.

Parmi ces questions : Avez-vous vécu avant de naître ? Avez-vous choisi votre sexe, vos parents, votre époque ?

Des témoignages venus de notre passé le plus enfoui qui éclairent d'un jour surprenant le monde de la vie et le monde de la mort : deux mondes que l'on isole, que l'on oppose encore, alors que tout semble bien indiquer qu'il n'y a pas entre eux de "frontière"...

# Posté le lundi 20 août 2007 08:01

Modifié le samedi 22 mars 2008 13:46

Amper yelan... "Qula Qula"

La Tristesse, l'ennemi de la femme. L'amour ? l'ennemi de l'Homme.
J'veux partir, le plus loin possible...

Un musicien m'a retourné le cerveau avec son violon hier. Il a excellé dans son Art et tous les gens du resto étaient ébahis, enchantés... Parce que l'espace d'un instant, ils ont compris ce que c'était ...d'aller au plus profond des choses pour Donner. Aman... Plus il jouait, plus j'entendais l'Arménie... Mon coeur et mes oreilles n'en pouvaient plus. Il nous a emporté dans son monde. Et le temps s'est arrêté.
Cette chanson chamboule mon coeur aussi parce qu'elle ramène dans ma tête des souvenirs inoubliables d'il y a 3 ans, en Arménie. J'veux tellement y retourner...

C'est tellement Beau là-bas par sa simplicité... tout ce qu'il nous manque à nous, Européens. Si les gens d'Orient n'ont rien compris à la vie, les Occidentaux n'ont rien compris tout court. On sert à quoi sérieux...
C'est Nous les cancers de la société (hein Will). Et on se dit sophistiqués, développés, civilisés...
Toujours plus abrutis, toujours plus...
Certains se font battre parce qu'ils ont eu la mauvaise idée de passer par telle rue au lieu de telle autre... D'autres Idiotes de naissance attisent la haine au lieu de se servir de leur féminité pour essayer de calmer la situation...
Entre-temps le sang continue de couler... Toujours plus fort, toujours plus rouge, toujours pour rien.
Entre-temps on perd peu à peu la valeur de la vie et on oublie ce qu'il y a de plus précieux.
On finit par devenir un "triste chronique", sans ambition ni perspectives d'avenir, se sentant constamment empoisonné par la vie, noyé dans un océan de douleur. De nature rêveuse, artiste un peu décalé, refusant parfois inconsciemment d'intégrer un système qu'on estime responsable du chaos sur Terre. Déçus, découragés, fatigués de courir après des rêves d'ampleur inaccessible... Juste et seulement Tristes.
Ou alors on termine raciste, égoïste, méprisant, blasé de la vie, continuellement appeuré par l'espèce humaine, accumulant un tas de connaissances, inutiles..., ayant peut-être développé des facultés intellectuelles exceptionnelles, mais toujours sans coeur ni chaleur. Se sentant bien dans ce système sans coeur ni chaleur lui-même, mais éprouvant malgré tout une insécurité et une angoisse profondes constantes... Incapables d'éprouver des sentiments, exigeant de pouvoir tout maîtriser... Juste et seulement Terrorisés par l'insaisissable.
Parce qu'on se sent hostile à soi-même...en insécurité au fond de nous-mêmes...
La sécurité vient de l'intérieur, l'insécurité aussi, et ça, toute la police du monde n'y peut rien.

On finit par la connaître, la chanson. Des mots, démo, toujours des maux...

Ampern yelan... Qula, qula, u sharvecin g@lxis v@ra...

# Posté le samedi 09 juin 2007 15:53

Modifié le samedi 22 mars 2008 13:48

NSR 2008

NSR 2008
Caméras de surveillance, traçage des communications, fichiers ADN, profilage des consommateurs... Souriez, vous êtes surveillés !

Tous sous bracelet électronique ? Ce n'est pas une blague. Le dispositif imaginé pour suivre à la trace les prisonniers tout juste libérés a les mêmes fonctions que les multiples systèmes, moins voyants inventés ces dernières années pour surveiller les citoyens libres d'un Etat de droit. C'est-à-dire chacun d'entre nous. Nous voilà donc traqués, comme autant de délinquants potentiels, déjà prisonniers d'un réseau de matons high-tech qui nous espionnent sans jamais avoir eu besoin de nous incarcérer. On peut bien se déplacer où on veut, quand on veut, on est épiés, pris en filature partout et tout le temps. Et voilà que la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, annonce le triplement des caméras de surveillance dans nos villes en moins de trois ans !
Le temps de la surveillance généralisée est venu. Nos ordinateurs sont aussi infiltrés que la CIA à l'époque de la guerre froide. Nos voitures sont truffées de puces qui permettent de les localiser à tout moment. Nos téléphones portables sont délateurs électroniques ambulants. Les couloirs du métro, les rues de nos villes ont vocation à se transformer en studios de cinéma où l'on pourra voir qui tient la main de qui, qui embrasse qui et, évidemment, qui arrache le sac à main de qui – si le voleur n'a pas pensé à mettre sa cagoule. Nos cartes bancaires sèment à chaque retrait d'argent liquide, à chaque acte d'achat les petits cailloux de nos déambulations consommatrices. Toutes nos dépenses de santé sont répertoriées. Nos achats sur Internet peuvent nourrir de formidables banques de données. Et celui qui saura exploiter vos « clics » _ commande de billets d'avion ou de train, remplissage de votre Caddie au e-supermarché, choix de livres et de spectacles _ sera en mesure de connaître vos besoins et vos désirs. Un rêve de marketing.


Qui contrôle encore la machine à surveiller ?

Tous surveillés, donc. C'est certes angoissant, mais cela peut s'avérer rassurant. Qui peut refuser que les cyberflics traquent les cyberpédophiles ? Qui va s'opposer à l'installation de caméras dans la station de métro où, cet été, a été tué un touriste italien agressé par des voleurs à la tire ? Qui prétend s'offusquer encore des écoutes téléphoniques à l'heure où les adeptes d'Al-Qaida se recrutent par dizaines ? Qui osera demander la suppression du NIR, ce numéro unique qui permet aux ordinateurs du ministère des Finances, les mieux renseignés de France, de traquer les fraudeurs en tout genre ? Qui envisage de demander sérieusement la destruction du fichier des empreintes ADN censé démasquer les criminels ? Il n'y a pas de défense des libertés sans sécurité des citoyens. Marianne n'a jamais voulu sacrifier l'une à l'autre. L'ordre public est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie. Quand l'un vacille, l'autre bat de l'aile. Crier au flicage comme on crie au loup, au nom des libertés individuelles, n'a qu'une conséquence, renforcer le camp de ceux qui pensent que le tout-sécuritaire nécessite justement une mise en cause de ces libertés. Nier les nécessités de la sécurité des citoyens est donc liberticide.
Reste qu'aujourd'hui la panoplie high-tech est si riche, grâce aux progrès de l'informatique et de l'électronique, que son utilisation pose un tas de questions philosophiques et éthiques, mais surtout politiques. Chacun peut désormais surveiller ou faire surveiller l'autre. L'espionnage quitte les hauteurs de l'Etat, se répand dans la société civile, s'introduit dans la vie privée jusqu'à l'intime. Le mari surveille son épouse ; le patron, ses salariés ; les groupes industriels, leurs concurrents. Un petit jeu dans lequel les grandes puissances, à commencer par les Etats-Unis, sont passées maître. Aucun échange de mails, aucune conversation téléphonique, sans parler des ordinateurs de poche de nos hommes d'affaires et de nos politiques, aussi transparents qu'une glace sans colorant, n'échappe plus aux grandes oreilles de l'administration américaine.
Jusqu'où ? Mais plus personne ne contrôle la machine à surveiller, pas même les Américains, piégés par leur incapacité à exploiter les millions d'informations récoltées autour de la planète. John Le Carré serait perdu comme une bille sur une autoroute, lui qui fixa pour cadre à ses romans la binaire guerre froide et ses agents humains, trop humains.
Aujourd'hui l'agent est une puce électronique qui engrange toutes sortes d'information pour le compte de qui paie. Elle ignore la loyauté et donc la trahison. Elle ne sert que des intérêts... parfois terriblement médiocres. Et souvent parfaitement... inhumains.


A Middlesbrough, une ville anglaise de 150 000 habitants située à 400 km au nord-ouest de Londres, il ne fait pas bon jeter un papier par terre. Dans certaines rues, ce « délit » se voit réprimandé sur-le-champ par des haut-parleurs : « Hé, vous ! L'homme en gris au chapeau noir ! Veuillez, s'il vous plaît, ramasser le papier que vous venez de jeter et le déposer dans la corbeille à votre droite ! » Une scène digne du « Prisonnier », cette célèbre série télévisée des années 60 dans laquelle le personnage principal, « Numéro 6 », un ancien agent secret (interprété par Patrick McGoohan), se rebellait contre la surveillance continue de caméras, elles aussi parlantes, exercée dans le « Village » (celui de Portmeirion au pays de Galles) avec cette phrase : « Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ! »
De fait, à Middlesbrough, c'est le maire, Ray Mallon, un ex-commissaire de police adepte de la « tolérance zéro », qui a eu l'idée, il y a un an, d'agrémenter 21 des 156 caméras de surveillance de la ville de haut-parleurs portant à 35 m. Il ne s'agit, pour le moment, que d'une « expérimentation », mais elle est suivie de près par le ministère de l'Intérieur britannique, qui songe à l'étendre à d'autres villes ; et, selon Ray Mallon, elle est « concluante » : elle aurait fait reculer _ce que contestent certains_ la délinquance.


Le « retard » de la France...

Seul gros problème : si ce système de caméras de surveillance parlantes n'est pas très cher à installer, son exploitation coûte, en revanche, une fortune. Elle immobilise pas moins d'une dizaine de policiers, surveillant jour et nuit 36 écrans dans une salle de contrôle _ et encore pour une dizaine de rues seulement. Quand on sait qu'on dénombre plus de 4 millions de caméras de surveillance en Angleterre _ soit 1 pour 14 habitants, le record mondial_, on imagine le nombre de policiers qu'il faudrait pour généraliser le système !
La « solution » réside donc dans l'automatisation. Certaines universités et des firmes telles que Myspace travaillent ainsi à la mise au point de logiciels censés permettre de lire sur les lèvres des individus, d'isoler certains mots et, par comparaison avec une liste de mots-clés tels que « bombe » ou « drogue », de donner l'alerte. Pour le moment, ce type de logiciel ne fonctionne que dans des conditions d'éclairage optimales et avec un taux d'erreurs de 50 % ! Même chose pour les logiciels qui analysent le mouvement des corps afin de déterminer s'ils traduisent des gestes agressifs ou suspects, ou encore pour ceux de « reconnaissance faciale », permettant de comparer les traits des passants avec ceux de visages mis en banque de données. La bavure policière au lendemain des attentats de Londres du 7 juillet 2005, au cours de laquelle le Brésilien Jean-Charles de Mezenes avait été abattu par les policiers de sept balles dans la tête, témoigne de ces imprécisions. On sait en effet aujourd'hui que l'alerte avait été donnée par un logiciel d' « allure » branché sur des caméras de surveillance : le jeune électricien de 27 ans avait eu simplement le tort d'être frileux _ il portait des vêtements « anormalement chauds » pour la saison, ce qui, pour le logiciel, était l'indice qu'il « cachait quelque chose » _ et, affolé par les policiers qui le poursuivaient, il avait pris la fuite !
Les études réalisées en Grande-Bretagne ont beau établir que la vidéosurveillance ne fait que reporter la délinquance dans les rues non surveillées : les attentats de 2005 ont beau avoir montré que, contrairement à ce qui est souvent affirmé, si les caméras ont permis a posteriori de confirmer l'implication de certains suspects dans les attentats de 2005, elles n'ont été en revanche d'aucune aide pour prévenir ceux-ci ; ou encore que, dans l'affaire de la voiture piégée retrouvée près de Piccadilly Circus fin juin dernier, les caméras, pourtant en grand nombre sur le site, n'ont servi à rien _ ce sont des ambulanciers qui, repérant de la fumée s'échappant d'une Mercedes mal garée, ont donné l'alerte : rien ne saurait désarmer les adeptes de la surveillance intégrale. Dans une interview du Journal du dimanche en juillet dernier, Sarkozy ventait les mérites de la vidéosurveillance et demandait à Michèle Alliot-Marie de « réfléchir à un vaste plan d'installation de caméras dans nos réseaux de transports en commun ». De son côté, le nouveau préfet de police de Paris, Michel Gaudin, affirmait, dans le Figaro, qu'il fallait « tripler le nombre des caméras de surveillance » dans la capitale, afin de « rattraper le retard de la France en ce domaine sur la Grande-Bretagne » !


Un vrai quadrillage de nos vies

L'expérience de Middlesbrough agit en ce sens presque comme un paradigme de la société de contrôle qui est en train partout de s'installer en silence. D'abord, par le fait que cette évolution ne soulève en définitive que très peu d'oppositions. Toutes les enquêtes d'opinion le montrent : aux yeux du public, la vidéosurveillance est un système perçu comme « rassurant » et « positif » _ chacun n'ayant rien à se reprocher, pensant qu'il concerne avant tout les autres... Rien à voir avec le tollé qu'avait suscité en France en 1976 le projet d'autoriser la fouille des véhicules en cas de manifestation et qui avait été finalement déclaré anticonstitutionnel. Comme si nous nous étions accoutumés à la surveillance, que nous en redemandions même...
L'expérience de Middlesbrough montre également que la véritable menace vient de la multiplication des méthodes de surveillance et, plus encore, de leur imbrication. Car, s'il est difficile de rejeter l'idée de disposer de caméras dans les parkings, tout change quand celles-ci prolifèrent sur la voie publique _ à Londres, un habitant peut se voir filmer jusqu'à 300 fois par jour ! _ et qu'elles se couplent à d'autres instruments ou méthodes de contrôle. Comme le dit Alex Türk, président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), en ce domaine, « 1 plus 1 fait plus que deux » : le couplage des instruments de surveillance entre eux « booste » leurs capacités de contrôle initiales. C'est le cas des croisements informatiques de fichiers, qui produisent des informations supérieures à leur addition, et on comprend l'intrusion dans nos vies privées qui peut en résulter quand on sait qu'un célibataire figure en moyenne dans 200 fichiers et un couple, dans 500 !
Et vidéosurveillance et fichiers ne sont à tout prendre que des instruments parmi les plus rudimentaires et superficiels de surveillance. Aujourd'hui, tous les objets technologiques censés nous faciliter la vie servent également à nous moucharder. Le portable joue ainsi le rôle d'un véritable « collier électronique ». Non seulement on peut connaître, grâce à lui, par les numéros composés, notre cercle relationnel, mais il permet aussi de nous localiser. Les opérateurs de téléphonie mobile peuvent en effet déterminer à tout moment, par « triangularisation », dans quelle « cellule », dans quelle portion du territoire couvert par leurs émetteurs, évolue un utilisateur de mobile, y compris quand celui-ci ne téléphone pas ou a éteint son portable. Il faut en effet savoir que les portables même en veille ou à court de batterie signalent à intervalles réguliers leur position afin de demeurer en contact avec le réseau. C'est ainsi que l'armée russe a pu localiser et abattre en mars 2005 le chef tchétchène Rizvan Tchitigov ; et c'est également ainsi que la police espagnole a retrouvé la trace des membres du groupe terroriste soupçonné des attentats de Madrid. Les GPS qu'intègrent les nouveaux portables ne font, dans ce schéma, qu'apporter un peu plus de précision. Grâce à un code informatique, il est même possible d'activer à distance un portable en mode « écoute » à l'insu de son détenteur et de capter tous les sons et les paroles à proximité de son micro...
Ainsi s'installe peu à peu un véritable quadrillage de nos vies. Car il y a désormais des mouchards partout. Sait-on ainsi que la plupart de nos ascenseurs ont équipés de puces électroniques qui enregistrent le nombre d'arrêts à notre étage, permettant ainsi d'établir des fréquences de visites, des habitudes ? Même chose pour les clés électroniques d'accès aux immeubles, qui rendent possible, grâce aux informations qu'elles recueillent, de tout savoir sur nos allées et venues, et bien sûr pour le Net. Pour une personne privée ou une institution possédant les instruments et les logiciels appropriés, tous en vente en ligne à des prix dérisoires, et pouvant intervenir sur les canaux de diffusion, les e-mails que nous envoyons sont aussi peu secrets que les cartes postales pour nos concierges. Et, à chaque fois que nous consultons un site, nous laissons derrière nous des traces magnétiques, des « logs », que plusieurs lois récentes obligent les fournisseurs d'accès à conserver pendant trois ans.
Si l'on cumule toutes ces informations, on imagine la densité du maillage qui en résulte. Et, aujourd'hui, il y a plus encore, avec l'explosion des microprocesseurs de radio-identification (RFID), qui se généralisent tant sur les produits que sur les documents d'identité ou de voyage à lecture automatique, en « main libre », tel le passe Navigo de la RATP.


Une puce sous la peau

Ces puces mesurant moins de 1 mm et munies d'une petite antenne sont soit actives, soit passives. Equipées d'une batterie, elles transmettent des informations à des bornes lectrices. Le plus souvent passives, elles peuvent être aussi activées par ces mêmes bornes et renvoyer les données qu'elles contiennent dans leurs circuits. Ce principe, à la base des étiquettes dites « intelligentes », qui relèvent de la même famille, mais en plus sophistiquées, que les codes-barres, a été inventé par les militaires pour rationaliser le contrôle de la gestion de leurs stocks. Alors que, lors de la première guerre du Golfe, l'armée américaine connaissait un pourcentage d'erreurs d'affectation de son matériel de 40 %, l'incorporation de ce genre de puces dans les containers, qui fait qu'on n'a plus à les ouvrir pour vérifier leur contenu, a fait chuter en Irak ce pourcentage à presque zéro, permettant ce que les militaires appellent la « total asset visibility », la visibilité totale de leurs ressources.
Or, ces puces peuvent servir à bien d'autres fins, surtout quand on rapproche leurs informations de celles que donnent les cartes de crédit et autres cartes de fidélité offertes « gracieusement » aux consommateurs. Couplées à des portables fonctionnant comme des porte-monnaie électroniques _ ce qui est la prochaine évolution à venir dans ce domaine _, les informations croisées qu'elles recueillent vont permettre non seulement, comme dans le cas du passe Navigo de la RATP, de « tracer » l'itinéraire des individus, mais aussi d'établir nos profils de consommateurs. Bien sûr, ce traçage n'a pas que des aspects répressifs ou négatifs. C'est grâce aux informations données par les cartes de fidélité et de crédit de ses clients qu'une chaîne française de distribution alimentaire a pu retrouver la trace des acheteurs de steaks contaminés. Dans le même temps, ces informations servent bien évidemment à améliorer la gestion du système de distribution et de production. Benetton a ainsi commandé plusieurs millions de puces d'auto-identification pour les intégrer à ses étiquettes afin de rationaliser la gestion de ses stocks et de lutter contre le vol dans ses magasins. Carrefour procède de son côté à des tests. Et, aux Etats-Unis, certaines marques automobiles proposent des voitures équipées de balises de localisation par satellite. Inutile de préciser que ce système, vendu au consommateur comme un plus pour sa sécurité en cas d'accident _ la balise avertissant automatiquement le centre de secours et transmettant la localisation précise de l'accident _, peut servir aussi à nous épier...
Et on ne se trouve encore vraisemblablement avec ces usages qu'au tout début d'un processus. Couplé à un système de bornes, de portiques et de scanners mobiles, les puces d'auto-identification permettent d'envisager un traçage en temps réel de tous nos déplacements, de nos habitudes, de nos goûts, ainsi par recoupement, que de ceux des personnes que nous rencontrons _ l'étape suivante étant la greffe de ces puces sur nos corps. La firme américaine Applied Digital, spécialiste du traçage animal, commercialise ainsi une puce pas plus grosse qu'un grain de riz à destination des hommes. Insérée sous notre peau et alimentée par notre chaleur corporelle, cette puce, VeriChip, est capable de communiquer en permanence des paramètres à un système de satellites, permettant ainsi de nous localiser avec précision où que nous soyons dans le monde _ un système qui pourrait bientôt être adopté par l'armée américaine pour ses soldats...
Contrairement à ce qui est souvent dit, la demande sécuritaire n'est donc qu'une des dimensions de la question. Sans que nous en soyons conscients, c'est une véritable mutation économique et sociale que nous assistons, qui ne peut que se poursuivre et même, en un sens, s'aggraver avec l'arrivée des nanotechnologies qui, en les miniaturisant à l'extrême, rendent les futurs systèmes de surveillance quasi indécelables. En même temps, il faut bien voir que tous les instruments de contrôle suscitent leur parade : de même que les internautes ont su inventer des protocoles pour échapper à la surveillance du réseau, les chips de RFID ne conduisent pas inéluctablement au flicage intégral. Le groupe de distribution allemand Metro a ainsi eu la bonne idée de mettre à la disposition de sa clientèle, dans ses magasins, un désactivateur de puces, et un fabricant hollandais travaille sur un appareil permettant de brouiller ou d'effacer les informations qu'elles contiennent.


Totalitarisme potentiel

De ce point de vue, on peut se demander si la situation que nous vivons actuellement peut être encore pensée sous le terme de « surveillance » _ le mot supposant que nous restons des sujets passifs confrontés à des ensembles extérieurs à nous et plus ou moins hostiles. Or, aujourd'hui, on a passé manifestement un cran : non seulement nous acceptons cette surveillance, mais ces méthodes et technologies intrusives ne peuvent plus être considérées comme des aberrations du système ; elles en font partie ; elles en sont un des moteurs.
C'est ce qui fait prétendre à Armand Mattelart, l'auteur de la Globalisation de la surveillance, que le 11 septembre n'a joué qu'un rôle d'accélérateur dans un processus qui remonte à la fin du XIXe siècle et n'a cessé de se poursuivre au XXe : « Il y a encore cinquante ans, note-t-il ainsi, nos pays ne connaissaient pas la carte d'identité. Or, certains, comme la Grande-Bretagne, jadis très opposée à sa généralisation au nom de la défense des libertés individuelles, sont aujourd'hui à la pointe des recherches sur les documents d'identité biométriques. Nous avons intériorisé la surveillance telle que la nommait et l'analysait Foucault, mais dans celle, comme le disait Deleuze, d'une société de contrôle, car d'un contrôle non seulement incessant mais de plus en plus insidieux, presque « normal ». Dire ceci n'est pas faire un procès d'intentionnalité à un « méchant capitalisme » inquisiteur. Comme le suggérait Bentham, le grand théoricien libéral anglais des XVIII-XIXes siècles, avec son projet de prison modèle, le Panoptique, le quadrillage de notre société par des instruments de contrôle est cohérent avec l'essor d'Etats libéraux, qui impliquent que chacun contrôle l'autre, et le mode de fonctionnement d'un capitalisme de masse. Ce à quoi nous avons affaire aujourd'hui, c'est donc au mode de gestion d'un postcapitalisme libéral mondialisé, qui n'est pas sans porter avec lui sa propre monstruosité, son totalitarisme potentiel... »


Répondre au défi

Le caractère intrinsèque de ce contrôle fait dire, pour sa part, au philosophe Bernard Stiegler qu'il est vain aujourd'hui, comme le fait la Cnil, de chercher à contrôler a posteriori et au coup par coup les conséquences de ces techniques. Ce type d'intervention agit même, selon lui, à la manière d'un « dérivatif », en faisant croire que la question est résolue alors qu'on n'a fait que l'effleurer. Répondre aux risques que la société de contrôle fait peser sur nos libertés exige un total renversement de nos mentalités : « Comme le montre le Net, explique Bernard Stiegler, toutes les technologies sont à double sens. Le Net peut être aussi bien un moyen de contrôle que « d'individualisation ». Il nous contrôlera si nous ne faisons pas, nous, l'effort de le contrôler. Eviter le pire exige donc non seulement une information rigoureuse, mais la volonté de faire jouer la technique dans notre propre sens. Tout le reste n'est que dénonciation stérile. Les instruments de contrôle peuvent servir à notre émancipation, pour peu que nous sachions les retourner à notre profit. » Ce à quoi il en appelle, c'est donc à l'apparition d'individus non plus passifs ou attentistes, déléguant la défense de leurs prérogatives de liberté à des institutions, mais actifs, la prenant eux-mêmes en charge. Répondre au défi lancé par nos nouvelles sociétés de contrôle à nos libertés implique, en bref, rien de plus mais rien de moins non plus que l'élaboration théorique et pratique d'un « nouveau sujet politique ». Facile à dire, beaucoup plus difficile à réaliser...


Patrice Bollon.

# Posté le mercredi 16 janvier 2008 17:25

Modifié le jeudi 23 avril 2009 07:24

Florence Foresti - "Les chiens dangereux"

HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA JEN PEU PLU

# Posté le vendredi 20 avril 2007 18:52

Modifié le mercredi 02 janvier 2008 20:00